Communiqué de presse – Un NON clair à l’initiative nuisible de l’interdiction du financement

Berne, le 30 octobre 2020. – L’initiative du Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA) « Pour une interdiction du financement des producteurs de matériel de guerre » porte atteinte à la sécurité sociale, économique et militaire de la Suisse. L’initiative met clairement en danger la sécurité en Suisse. La Société Suisse des Officiers (SSO) recommande donc un NON clair à l’initiative du GSsA le 29 novembre.

L’initiative « Pour une interdiction du financement des producteurs de matériel de guerre » instaure un quota rigide : il sera interdit à l’AVS/AI/APG, aux caisses de pension, aux fondations et à la Banque nationale de financer des entreprises qui réalisent plus de 5% de leur chiffre d’affaires avec la fabrication de matériel militaire. Les mêmes conditions s’appliqueront aux banques et aux compagnies d’assurance. L’initiative constitue donc aussi une attaque contre le système de sécurité sociale. L’empiètement sur la liberté d’investissement du système de sécurité sociale est également inquiétant dans le contexte des difficultés bien connues de notre système d’assurance sociale.

L’initiative affaiblit en plus des fonds de pension aussi les PME et la Banque nationale
Ce ne sont pas seulement les grandes entreprises de défense et de sécurité comme Airbus, Boeing ou RUAG qui sont touchées. C’est bien pire : L’interdiction de financement s’applique également à tous les fournisseurs qui ne fabriquent que des pièces ou des composants individuels. L’initiative vise ainsi des milliers de PME suisses, qui forment l’épine dorsale de notre économie, et les criminalise, de manière totalement arbitraire. La liberté d’investissement dont bénéficie aussi la Banque nationale est également entravée. Or, cela portera directement préjudice au franc suisse et à la prospérité dans notre pays. La Banque nationale garantit la stabilité des prix et ne doit pas faire l’objet de manipulation politique.

La sécurité militaire gravement portée préjudice par l’initiative
Cette initiative fait également beaucoup de tort à l’armée suisse. La souveraineté et la neutralité de la Suisse exigent que la disponibilité opérationnelle des systèmes de l’armée suisse soit assurée de manière aussi autonome que possible. N’étant membre d’aucune alliance de défense, notre pays ne peut compter sur le soutien militaire d’autres États. Par conséquent, la Suisse doit disposer elle-même des compétences en matière de production de matériel militaire. L’inverse nous obligerait à acheter ces équipements à l’étranger, une situation qui accroîtrait notre dépendance vis-à-vis de pays tiers. Il est en outre inquiétant que l’AVS, les caisses de pension et la Banque nationale ne puissent plus investir de l’argent dans des entreprises suisses. Ces prérogatives découlent en outre du mandat que leur a conféré la Constitution fédérale.

La SSO soutient donc le NON à l’unanimité et recommande aux électeurs suisses de rejeter clairement l’initiative du GSsA le 29 novembre.

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