Audition de la SSO par la CPS-E – malheureusement aucune modification du cadre financier pour le NKF

Col EMG Stefan Holenstein, Président Socitété Suisse des Officiers (SSO) –
publié dans l’édition no. 10/2019 de l’ASMZ

La Suisse va acheter de nouveaux avions de combat (NKF) pour 6 milliards de francs. La Commission de la politique de sécurité du Conseil des États (CPS-E) soutient ce cadre financier, alors que la Société suisse des officiers (SSO) recommande un plafond variable de 6 à 7 milliards de francs suisses. Toutefois, tout comme la SSO, la CPS-E demande 100% d’affaires compensatoires.

Le 2 septembre 2019, la SSO a présenté devant la CPS-E ses positions sur l’arrêté fédéral 19.039 « Acquisition de nouveaux avions de combat », en présence de Madame la conseillère fédérale Viola Amherd, cheffe du DDPS, et de Monsieur l’Ambassadeur Christian Catrina, délégué du Conseil fédéral pour le renouvellement des moyens de protection de l’espace aérien. La Commission a clairement accepté le projet d’arrêté par 11 voix contre 2. Une minorité proposait de renvoyer le projet au Conseil fédéral avec le mandat d’intégrer également le système de défense sol-air dans l’arrêté de planification. Du point de vue de la SSO, il ne s’agit pas d’une véritable variante, car l’acquisition du NKF ne doit pas être surchargée par d’autres achats.

Un arrêté de planification qui recueille une majorité politique
Comme elle l’a clairement exprimé devant la CPS-E, la SSO soutient l’arrêté fédéral 19.030, car il ne s’agit ni plus ni moins que du renouvellement urgent et indispensable de notre aviation de combat, qui sera obsolète d’ici 2030. L’acquisition du NKF est une priorité absolue pour l’Armée suisse, parce qu’il n’existe pas d’autre alternative. C’est par ailleurs une décision capitale pour remplir le mandat constitutionnel de défense nationale. La SSO constate que le projet d’arrêté fédéral a de très bonnes chances de recueillir une majorité politique.

Un bémol : un cadre financier rigide
Devant la CPS-E, la SSO a de nouveau rappelé qu’elle juge sous-optimale la détermination d’un cadre financier rigide de CHF 6 milliards. Cela réduit inutilement la flexibilité et la marge de manœuvre du Conseil fédéral et du Parlement, et cela entraîne une restriction anticipée des moyens des Forces aériennes suisses. L’objectif d’une flotte appropriée de 40 avions de combat, conforme à l’option 2 du rapport d’expertise « Avenir de la défense aérienne » et à la recommandation de Claude Nicollier, s’éloigne donc. Cette position finale de la CPS-E nous laisse un goût d’amertume.

Mais 100% de compensation au final
En revanche, en ce qui concerne les affaires compensatoires, la commission a corrigé le projet du Conseil fédéral et exigé le retour à la pratique des 100%, comme demandé par la SSO. Dans ce débat controversé et aussi parfois émotionnel, la SSO a fait valoir des arguments de politique économique et elle a souligné en particulier les sensibilités politiques régionales en Suisse Romande et au Tessin. Au final, toutes les régions du pays doivent pouvoir bénéficier des affaires compensatoires, grâce à la clé de répartition suivante : 65% pour la Suisse alémanique, 30% pour la Suisse romande et 5% pour le Tessin. La correction proposée par la SSO a été soutenue indirectement par une lettre de la Conférence des Gouvernements de Suisse occidentale.


Chaque voix compte – élisions les bonnes personnes !
Les élections fédérales du 20 octobre 2019, c’est demain ! Il est important pour la SSO, les SCO et les stés armes que le nouveau Parlement tienne compte des intérêts de l’armée. La SSO et ses quelque 20 000 membres veulent et doivent suivre de près les travaux du Parlement afin que leurs préoccupations en matière de politique de sécurité soient représentées de manière compétente et crédible. Le premier pas dans cette direction est l’élection de parlementaires éclairés, attachés à notre armée de milice et prêts, d’une part à lui accorder les ressources matérielles ainsi que financières nécessaires, et d’autre part à s’engager en faveur d’acquisitions primordiales pour l’Armée suisse, notamment le NKF et le système de défense sol-air. Chaque voix compte – élisons les bonnes personnes !


Le divisionnaire Thomas Süssli, nouveau chef de l’Armée (CdA)
Le 4 septembre 2019, le Conseil fédéral a choisi le divisionnaire Thomas Süssli, actuel chef de la Base d’aide au commandement de l’armée (BAC), comme nouveau CdA au 1er janvier 2020. La SSO considère qu’il s’agit d’un bon choix, même s’il est inattendu. La SSO est convaincue que le nouveau CdA répond à ses attentes élevées en termes de personnalité, de leadership et de communication, d’intégrité ainsi que de compétences professionnelles et sociales. Ses talents de communicateur, son sens de l’intégration et son expérience du domaine de la cybermenace sont particulièrement remarquables. La SSO attend du nouveau CdA un partenariat, une collaboration franche et fructueuse avec la milice, à l’instar de ce dont a fait preuve le commandant de corps Philippe Rebord. La SSO félicite le divisionnaire Thomas Süssli pour sa nomination et lui souhaite plein succès et satisfactions dans l’exercice de la fonction exigeante qu’il s’apprête à assumer.

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